Appendix 1

Parallel presentation of Doulce France et Grojuif and Le Petit Chaperon Rouge

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Doulce France et Grojuif - Anon.

Le Petit Chaperon Rouge [1] - Charles Perrault

Il était une fois une bien gentille petite fille nommée "Doulce France".

Il était une fois une bien petite fille de Village,
la plus jolie qu'on eût su voir;

Toute sa famille l'aimait tendrement et sa grand'mère 'Verité' l'adorait.

sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore.

Cette bonne "Verité" lui fit faire une coiffe rouge qui lui seyait si bien que partout on l'appelait 'le petit chaperon rouge'.

Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge qui lui seyait si bien, que partout on l'appelait le Petit chaperon rouge.

Un jour,
sa mère ayant préparé [2] des galettes succulentes lui dit:

Un jour, sa mère,
ayant cuit et fait des galettes, lui dit

- Va voir comment se porte ta grand'mère, Vérité.

- Va voir comme se porte ta mère-grand,

Il paraît qu'elle est souffrante.

car on m'a dit qu'elle était malade,

Porte-lui des galettes et ce petit pot de beurre.

porte-lui une galette et ce petit pot de beurre.

Doulce France partit aussitôt.

Le petit chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa

Sa grand'mère habitait une gentille maisonnette tout près d'une grande-forêt.

mère-grand,
qui demeurait dans un autre Village.

Chemin faisant, Doulce France rencontra soudain le loup Grojuif surgissant des fourrés. [3]

En passant dans un bois elle rencontra compère le Loup,

Il eut envie de manger aussitôt la belle petite Doulce France,

qui eut bien envie de la manger;

mais il n'osa le faire craignant les braves bûcherons qui travaillaient dans la forêt.

mais il n'osa, à cause de quelques Bûcherons qui étaient dans la Forêt.

Grojuif se fit gentil et demanda au Petit Chaperon Rouge où elle allait.

Il lui demanda où elle allait;

La bonne petite fille qui ne savait pas que Grojuif était dangereux à écouter,

la pauvre enfant, qui ne savait pas qu'il est dangereux de s'arrêter à écouter un Loup,

lui répondit:
- Je vais voir ma mère'grand 'Vérité'.

lui dit:
Je vais voir ma Mère-grand,

Elle est malade et je lui apporte des galettes avec un pot de beurre.

et lui porter une galette avec un petit pot de beurre que ma Mère lui envoie.

- Demeure-t-elle loin? questionna Grojuif.

- Demeure-t-elle bien loin? lui dit le Loup.

- Oh oui!

- Oh! oui,

dit Doulce France: c'est la belle maison que vous voyez tout là-bas, derrière la lisière du bois.

dit le petit chaperon rouge, c'est par-delà le moulin que vous voyez tout là-bas, là-bas, à la première maison du village.

Eh bien!
dit le loup,
je veux l'aller voir aussi.

Hé bien,
dit le Loup,
Je veux l'aller voir aussi;

Moi je prends ce sentier et toi,

je m'y en vais par ce chemin ici,

passe par ce chemin-là.

et toi par ce chemin-là, et nous verrons qui plus tôt y sera.

Grojuif,
bien qu'ayant pris le chemin le plus court, se mit à courir de toutes ses forces.

Le Loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court,

Doulce France, confiante,

et la petite fille s'en alla


par le chemin le plus long,

s'amusa à cueillir des noisettes,

s'amusant à cueillir des noisettes,

à courir après les papillons et à faire des bouquets de fleurs.

à courir après des papillons et à faire des bouquets de petites fleurs qu'elle rencontrait.

Le loup ne fut pas long.

Le Loup ne fut pas longtemps à

Il arriva à la maison de la mère'grand et heurta l'huis:

arriver à la maison de la Mère-grand;
il heurte:

Toc!
toc!

Toc,
toc.

- Qui est là?

- Qui est là?

Déformant sa voix, Grojuif répondit:


- C'est votre petite-fille, Doulce France,

- C'est votre fille le petit chaperon rouge
(dit le Loup, en contrefaisant sa voix

qui vient prendre de vos nouvelles et vous porter quelques friandises.

qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma Mère vous envoie.

La bonne 'Vérité', clouée dans sont lit par la maladie,

La bonne Mère-grand qui était dans sont lit à cause qu'elle se trouvait un peu mal,

lui cria:
- Tire la chevillette,
la bobinette cherra

lui cria:
- Tire la chevillette,
la bobinette cherra

Grojuif tira la chevillette et la porte s'ouvrit.

Le Loup tira la chevillette, et la porte s'ouvrit.

Il se jeta sur la pauvre femme et la dévora en un instant, car pour satisfaire ses instincts sanguinaires, Grojuif tuait et dévorait par plaisir.

Il se jeta sur la bonne femme, et la dévora en moins de rien; car il y avait plus de trois jours qu'il n'avait pas mangé.

Ensuite,
il ferma la porte et s'étant revêtu des vêtements de Vérité,

Ensuite il ferma la porte,

il se coucha dans son lit et

et s'alla coucher dans le lit de la Mère-grand,

attendit l'arrivée de Doulce France.

en attendant le petit chaperon rouge,


qui quelque temps après vint heurter à la porte.

- Toc!
toc!

Toc,
toc.

Grojuif contrefit à nouveau sa voix.


- Qui est là?

- Qui est là?

Doulce France,
bien que surprise par le ton

Le petit chaperon rouge,
qui entendit la grosse voix du Loup
eut peur d'abord,

de la voix mais sachant sa

mais croyant que sa Mère-grand

grand'mère enrhumée,
répondit:

était enrhumée
répondit:

- C'est votre petite Doulce France.

- C'est votre fille le petit chaperon rouge,

Elle vous apporte des galettes et un petit pot de beurre.

qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma Mère vous envoie.

Adoucissant sa voix,
Grojuif lui cria:

Le Loup lui cria en adoucissant un peu sa voix:

- Tire la chevillette,
la bobinette cherra.

- Tire la chevillette,
la bobinette cherra.

Doulce France entra.

Le petit chaperon rouge tira la chevillette,
et la porte s'ouvrit.


Grojuif la voyant lui dit en se cachant dans son lit:

Le Loup,
la voyant entrer, lui dit en se cachant dans le lit sous la couverture:

- Pose les galettes et le petit pot de beurre sur la huche et viens près de mon lit.

- Mets la galette et le petit pot de beurre sur la huche, et viens te coucher avec moi.


Le petit chaperon rouge se déshabille, et va se mettre dans le lit,

Doulce France fur étonnée de l'allure étrange de sa grand'mère.

&ougrave; elle fut bien étonnée de voir comment sa Mère-grand était faite en son déshabillé.


- Ma Mère'grand
comme vous avez de grands bras!

Elle lui dit:
Ma mère-grand
que vous avez de grands bras!

Grojuif reprit sa voix naturelle et répondit:


- C'est bour mieux t'emprasser, ma ville...

C'est pour mieux t'embrasser, ma fille...

- Ma mère'grand
que vous avez de grandes jambes!

- Ma mère-grand
que vous avez de grandes jambes!

- C'est bour mieux gourir, mon envant.

- C'est pour mieux courir, mon enfant.

- Ma mère'grand
que vous avez de grandes oreilles!

- Ma mère-grand
que vous avez de grandes oreilles!

- C'est bour mieux t'égouter, mon envant.

- C'est pour mieux écouter, mon enfant.

- Ma mère'grand, que vous avez un grand nez!
- C'est bour mieux renifler les bedides affaires ma ville.


- Ma mère'grand
que vous avez de gros yeux!

- Ma mère-grand
que vous avez de grands yeux!

- C'est bour mieux te foir, mon envant.

- C'est pour mieux voir, mon enfant.

- Ma mère'grand
que vous avez de grandes dents!

- Ma mère-grand
que vous avez de grandes dents!

- C'est bour mieux te groquer...

- C'est pour te manger.

Et sur ces mots Grojuif s'élance sur Doulce France pour la dévorer.

- Et en disant ces mots, ce méchant Loup se jeta sur le petit chaperon rouge et la mangea.

Mais elle recula épouvantée d'avoir eu confiance en un tel monstre: elle appela à l'aide.


Un des fils de la nouvelle France courut à son aide et arriva juste à temps pour délivrer Doulce France des doigts crochus de Grojuif.


Et dans l'azur, la 'Vérité' de ses chauds rayons, put emplir le ciel de France pour se mêler à la clarté de la nouvelle Europe.


Notes

UP1. This is the text of the first edition of the tale (excluding the moralité), and exactly reproduces the capitalisation and punctuation of the original, Only the layout has been changed, to facilitate a comparison with the propaganda version.

UP2. This version 'corrects' Perrault as do many editions of the original tale, misunderstanding the intransitive use of the verb 'cuire'.

UP3. The villain appers in a much more sudden and frightening manner in this version.